« Généralités sur le palmier dattier

Le palmier dattier porte le nom latin « Phoenix dactylifera » et ‘’ nakhil’’ en arabe. Cette appellation botanique donnée par Linné depuis 1734, dérive vraisemblablement du mot Phoenix, nom donné par les Grecs de l’antiquité à cette plante considérée comme l’arbre des phoeniciens, ou phoinikes en grec. Quant à dactylifera, dérivé du grec dactylus, signifie doigt. Ce nom illustre la forme du fruit du palmier dattier, qu’est la datte (Munier, 1973).
Position systématique : La classification botanique du palmier dattier donnée par Mark en 2006 est la suivante :
Embranchement : Phanérogames ; Sous embranchement : Angiospermes ; Groupe : Monocotylédones ; Ordre : Palmales ; Famille : Arecaceae ; Genre : Phoenix ; Espèce : Phoenix dactylifeia L. .
L’espèce Phoenix dactylifera L. se distingue des autres espèces du même genre par un tronc long et grêle et par des feuilles glauques (Djerbi, 1992).
Les différentes espèces du genre Phoenix : Le genre Phœnix comporte 12 espèces d’après Chevalier (1952). Il s’agit de :
Phoenix dactylifera L. ; Phoenix atlantica A.Chev. ; Phoenix canariensis Chabaud ; Phoenix reclinata Jaq. ; Phoenix sylvestris Roxb. ; Phoenix humilis Royle. ; Phoenix hanceana Naudin ; Phoenix roebelnii O’Brien ; Phoenix farinifera Roxb. ; Phoenix rupicola T. Andres ; Phoenix acaulis Roxb. ; Phoenix paludosa Roxb. Les Phoenix L. hybrides : Les Phoenix ont 36 chromosomes somatiques et peuvent s’hybrider entre eux. Le croisement entre le dattier et les autres espèces du genre Phoenix donne de nombreux hybrides produisant des fruits consommables (Munier, 1973 ; Djerbi, 1992). Comme exemple nous pouvons citer les croisements : Phoenix dactylifera L. x Phœnix sylvestris Roxb. (Inde) ; Phoenix dactylifera L. x Phœnix reclinata Jacq. (Sénégal) ; Phoenix dactylifera L. x Phœnix canariensis Chabaud (Algérie, Maroc).

Ecologie du palmier dattier

Le palmier dattier ne vit pas en région tropicale humide comme les autres Palmacées, mais en région subtropicale sèche. Spontané dans la plupart des pays du vieux monde où la pluviométrie est inférieure à 100 mm par an, il a été introduit dans de nombreux pays comme l’Argentine, le Brésil, l’Afrique du Sud et les USA (Munier 1973). Cependant, il ne peut vivre sans l’eau souterraine disponible et/ou une irrigation. Le palmier dattier est donc considéré comme une plante phréatophytique et héliophile. Il peut également produire en altitude. C’est une espèce résistante à la sécheresse mais a besoin d’eau. Selon Bounaga (1990), les données d’irrigation à l’hectare varient suivant les sols, les régions et les niveaux des nappes souterraines (de 15 à 18 000 m3 à 30 à 40 000 m3 /ha/an). Un hectare de palmier dattier en culture de rente compte en moyenne 100 pieds (Munier, 1973).

Importance numérique et économique des pieds de palmiers dattiers

Différents ravageurs principalement des insectes et des acariens s’attaquent aux palmiers dattiers et affectent ainsi la production de dattes.
La cochenille blanche (Parlatoria blanchardi) : Cet insecte appelée ‘Rheifiss’ en Mauritanie est le principal ennemi du palmier dattier, aussi bien par l’importance des dommages qu’il occasionne que par son extension géographique.
Ce ravageur se nourrit de la sève de la plante et injecte une toxine qui affecte le métabolisme de la plante. De plus, l’encroûtement des feuilles qu’il provoque diminue la respiration et la photosynthèse des sujets attaqués. Ainsi, ce ravageur peut entrainer une réduction de plus de la moitié de production des dattes, et rend les fruits inconsommables (Bounaga et Djerbi, 2009). Parmi les moyens de lutte adoptée, la lutte biologique par l’utilisation de coccinelles prédatrices naturelles de la cochenille blanche a été tentée avec de bons résultats surtout en Mauritanie (Montaigne et Fall, 1986).
Oligonychus afrasiaficus : Cet acarien est présent dans tous les secteurs où pousse le dattier dans le vieux monde depuis la Mauritanie jusqu’au Golfe persique (Anonyme, 1987).
Comme moyens de lutte, il est recommandé de pratiquer le saupoudrage au soufre qui reste le premier traitement préconisé par les services de protection des végétaux des pays concernés.

Le charançon rouge (Rhynchophorus sp.) : Le charançon rouge est le ravageur le plus destructif des palmiers. C’est un coléoptère originaire de l’Asie tropicale. Il est difficile à combattre vu qu’il se développe d’une manière cryptique et que les symptômes ne sont généralement visibles que lorsque les dégâts deviennent importants et irrémédiables. En Mauritanie, ce ravageur a été signalé à la fin de l’année 2015, après le transfert, dans certaines de palmeraies, de prototypes importés depuis certains pays étrangers.
Dès la détection du premier foyer du charançon dans la région de Tagant, des mesures d’urgence ont été prises par le Ministère de l’Agriculture pour éradiquer ce foyer et éviter toute dissémination de ce ravageur dans les autres régions phoenicicoles mauritaniennes.
Pour se faire, une stratégie nationale a été mise en place pour lutter et contrôler le charançon rouge du palmier à l’échelle nationale et en particulier dans le Tagant (FAO, 2015). Parmi les moyens de lutte et les recommandations prises en compte ont peut citer :
la lutte mécanique qui consiste à l’installation d’un réseau de piégeage de masse dans les zones infestées ;
la surveillance générale et la prospection du charançon dans toutes les zones phoenicicoles ; les prospections régulières et permanentes du charançon dans la région de Tagant ; l’abattage et l’incinération systématiques des palmiers infestés.
Les maladies cryptogamiques

La pourriture du cœur due à Thielaviopsis sp. : Cette maladie se manifeste par un desséchement noir des palmes. Elle a été observée dans différentes régions du Maghreb, notamment en Mauritanie. Elle existe aussi en Egypte, en Arabie saoudite, en Irak, aux Emirats, au Bahreïn et aux Etats–Unis. Elle peut être grave et entraîner la mort des sujets atteints. Le champignon est inféodé principalement aux parties aériennes du palmier dattier sur lesquelles il peut provoquer différents symptômes. Parmi ceux-ci on peut citer : le dessèchement noir des feuilles ; la pourriture des inflorescences ; la pourriture du cœur et du stipe ; et la pourriture du bourgeon terminal.
Ces deux dernières manifestations sont particulièrement graves puisqu’elles peuvent entraîner la mort de dattier. L’agent causal est la forme imparfaite du champignon Thielaviopsis paradoxal (Munier, 1973). Comme moyen de lutte contre cette maladie, il est recommandé de détruire les feuilles et les inflorescences malades. Les plaies de taille et la couronne foliaire doivent être traitées par la bouillie bordelaise, le dichlone, ou le thirane.
La pourriture de l’inflorescence : Cette maladie affecte les inflorescences mâles et femelles du palmier dattier au moment de l’émergence des spathes au printemps en provoquant leur pourriture. L’agent causal est Mauginiella Scaettae, un champignon imparfait de l’ordre des hyphales (Djerbi, 1988).
La lutte chimique consiste à pulvériser un fongicide sur la couronne foliaire du palmier deux applications suffissent : la première juste après la récolte et le nettoyage du palmier et la seconde au moment de l’émergence des spathes. Le volume de bouillie à utiliser par palmier est de l’ordre de 6 à 8 litres.
La fusariose vasculaire ou Bayoud : La fusariose vasculaire est causée par un champignon tellurique, Fusarium oxysporum f. s. albedinis (Foa). Elle est originaire de la vallée du Draa, au Maroc, où elle fut observée pour la première fois vers 1870 (Munier, 1973). La fusariose est devenue endémique en Mauritanie au milieu des années 1990 (Sedra, 1995a, 1999a et b). II ne fait aucun doute que l’homme en a été le principal vecteur par les échanges de rejets ou de produits dérivés des palmes ou du stipe.
Les premiers symptômes externes de la maladie visible à l’œil nu apparaissent sur une ou plusieurs feuilles de la couronne moyenne. Les feuilles affectées prennent d’abord une teinte gris cendré puis les pennes situées d’un côté de la feuille commencent à blanchir. La maladie progresse de la base vers l’apex de la feuille. Un des côtés de la palme est d’abord affecté par le flétrissement et à sa mort, l’autre côté est également affecté. L’évolution du dessèchement des folioles s’accompagne de l’apparition d’une strie brune longitudinale sur le rachis qui progresse comme précédemment de la base vers le sommet puis en sens inverse du haut vers le bas. Cette évolution correspond au passage du mycélium dans les vaisseaux du rachis. Une coupe transversale du stipe infecté par le champignon montre une coloration brun acajou au niveau des faisceaux du bois. »


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