C’est ce qu’affirme INRA Bordeaux dans :

« Une expérience innovante a permis de mesurer l’efficacité des chauves-souris comme prédateurs de la processionnaire du pin. Il importe donc de conserver la biodiversité des habitats forestiers pour préserver celle des chiroptères, ( synonyme savant de chauves-soutis) le groupe le plus menacé parmi les mammifères d’Europe.

Il est attendu que la fréquence et l’amplitude des pullulations d’insectes ravageurs forestiers augmentent avec le changement climatique. Les chiroptères insectivores sont de plus en plus considérés comme agents potentiels de contrôle biologique des populations d’insectes ravageurs. Cependant, aucune étude en Europe n’avait jusqu’à présent évalué quantitativement cette fonction de régulation en forêt. Dans le cadre du projet européen FunDivEurope, notre équipe a confirmé que les forêts constituent un habitat clé pour les chauves-souris et que la diversité des essences forestières, à l’échelle du peuplement et du paysage, influe positivement sur leur richesse spécifique et leur abondance. Nous avons alors étudié de plus près le rôle fonctionnel des ces chauves-souris dans la plus grande forêt de plantation d’Europe, le massif des Landes de Gascogne. Là pullule régulièrement la processionnaire du pin (Thaumetopoea pityocampa), principal défoliateur des forêts de conifères en France et qui étend son aire de répartition en réponse au réchauffement climatique.Pour cela, nous avons appliqué une approche expérimentale innovante en manipulant la densité de proies, les papillons de processionnaire, à l’aide de leurres phéromonaux. Le long de lisières de plantations de pin maritime infestées par la processionnaire nous avons créé artificiellement des agrégats de papillons et enregistré au même endroit les ultrasons émis par les chauves-souris afin d’identifier les espèces de chiroptères et de quantifier leur activité de chasse. Nous avons également utilisé des pièges à phéromone pour estimer les densités de processionnaires et mesurer les niveaux d’infestation sur les arbres des lisières échantillonnées.
Plus de papillons = plus de chauves-souris

Il existe une étroite coïncidence temporelle entre l’activité des chiroptères et celle de la processionnaire du pin, l’activité de chasse des chauves-souris étant maximale au début de l’été et en début de nuit, période où émergent les papillons et où les chauves-souris doivent nourrir leurs petits. 

Les chauves-souris montrent une réponse numérique à la densité de proies puisque leur abondance augmente avec celles de papillons de processionnaire. Certaines espèces de chiroptères, notamment la Sérotine commune et la Pipistrelle de Kuhl, manifestent également une réponse fonctionnelle en intensifiant leur prédation au niveau des agrégats de papillons induits par les leurres artificiels. Ce renforcement de l’activité de prédation par les chauves-souris se traduit par une réduction du potentiel de reproduction des populations de processionnaire du pin qui conduit à une diminution significative des infestations l’année suivante. On démontre ainsi pour la première fois en forêt tempérée que les chiroptères assurent un service écosystémique de régulation des insectes ravageurs.
Des échanges sonores entre proie et prédateur


La processionnaire du pin présente une dynamique des populations cyclique, avec des pullulations tous les 6 à 8 ans. Il sera donc intéressant de suivre en parallèle la dynamique temporelle des chiroptères et d’évaluer leur effet à long terme sur la démographie de la proie. Des études récentes ont révélé la complexité des comportements de réponse aux signaux acoustiques émis par les chauves-souris avec des phénomènes de « cris sociaux » et même l’émission d’ultrasons par les papillons pris en chasse. Nous envisageons donc d’enregistrer plus finement les échanges d’information acoustique entre les chiroptères et la processionnaire du pin pour analyser leurs réponses comportementales et ainsi mieux décrypter les interactions proies – prédateurs et prédateurs – prédateurs. 
Sauvegarder les chauves-souris

Cette étude s’intègre dans le cadre de l’agroécologie et montre que la lutte par conservation de la biodiversité, ici des essences forestières, offre des perspectives intéressantes pour la régulation des insectes ravageurs forestiers par leurs prédateurs naturels. Elle confirme également le rôle majeur des habitats forestiers pour la conservation de la biodiversité des chiroptères, alors que ce groupe vient d’être évalué par l’UICN comme le plus menacé parmi les mammifères en Europe (10 espèces sur la Liste Rouge). »
Contact(s)



Contact(s) scientifique(s) : Yohan Charbonnier UMR1202 BIOGECO
 Luc Barbaro, Hervé Jactel

 Ce phénomène devient d’une exceptionnelle gravité compte tenu en particulier, du  réchauffement climatique  associé au fait que ces forêts ne donnent pas lieu à exploitation commerciale.  Il suffit de prendre le TGV Nord-Sud pour prendre conscience de l’ampleur de la catastrophe.

 Contrairement à ce qu’on pourrait penser il y a des fonds européens # 10 millions d’euros FunDivEurope .  Comment sont-ils utilisés ?

La première des préoccupations devrait être  selon nous de comprendre pourquoi cette pullulation tous les 6 à 8 ans.

 Les moyens de lutte

Lutte mécanique, l’échenillage    pas idiot du tout ,  les  anciens en faisaient bon usage , mais   avons-nous suffisamment de paysans au champ ?

Les prédateurs: Placement massif de nichoirs à mésanges (environ 1 nichoir tous les 30 m)  très efficace, . Grosse maintenance , trop onéreux  les observations de l’INRA Bordeaux concernant les chauves-souris sont de même nature il faut donc relativiser cette découverte mais continuer d’y travailler et peut-être réserver  à des zones  complètement inaccessibles car il n’y aura aucune maintenance nécessaire. Autre inconvénient, l’injuste mauvaise réputation dans l’inconscient collectif de ce mammifère…..Le mieux étant  l’ennemi du bien  gardon-nous de transformer nos promenades d’été en forêt en pastiches de film d’horreur. Enfin, évitons  que ces chiroptères  réintroduits  face un sort à tous les autres insectes d’autant que la processionnaire n’est pas réputée pour son appétence !
Le piégeage : il existe un produit commercial qui piège les chenilles au moment où elles descendent de l’arbre. Nécessite un piège par arbre, et la suppression (incinération) des insectes capturés une fois l’an  :  efficace,  hors  de prix,  efficacité pratique limitée. inadapté l’ampleur du problème.

Le piège  massif à base de phéromone de synthèse (odeur que libère le papillon femelle), suspendu dans les pins, attire de fin juin à mi-septembre les papillons mâles. Le piégeage de masse  c’est l’avenir du bio-controle   . Des progrès restent à faire dans la conception même du piégeage massif et dans les phéromones.

Lutte chimique : par pulvérisation aérienne  déjà évoquée  à utiliser tous les quatre à cinq ans  la seule véritablement efficace,   attention à son impact sur l’entomofaune.

Lutte biologique  directe: la méthode la plus utilisée est la pulvérisation de toxines produites par une bactérie, le Bacillus thuringiensis var. kurstaki,  beaucoup de contraintes,  coûts élevés   en pratique est-il encore possible de faire de l’aérien ?

Des expériences ont montré que l’odeur du bouleau a un effet répulsif sur la processionnaire   excellente  direction de recherche car  l’olfactif est le meilleur espoir de la lutte contre les les insectes envahisseurs.

Impossible de ne pas évoquer les perspectives bien connues dans le monde entier d’une lutte autocide  basée sur la stérilisation des mâles par irradiation ou leur manipulation génétique  les laissant actifs mais sans descendance viable. Cette méthode connaît un succès foudroyant au Brésil dans la lutte contre la dengue.

Catégories : INRA

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